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29 avril 2020 3 29 /04 /avril /2020 11:42

Fraternité !

Parce que vous êtes plusieurs centaines auxquelles j’adresse mes articles, je voulais partager avec vous quelques réflexions qui ne cessent de me tarauder depuis ces six semaines de confinement.

En premier lieu, je vous espère vous et vos proches en bonne santé, et j’adresse ma plus vive sympathie à ceux qui ont eu à souffrir de cette période inédite de notre histoire.

Il n’aura donc fallu que quelques semaines, et un virus, pour que toutes les libertés chèrement acquises pendant des siècles soient aussitôt oubliées, sans que pour l’heure grand monde ne s’en émeuve.

Vous me direz que ce n’est que pour une période limitée et c’est peut-être là le plus grave, car je ne sais pas si vous avez bien observé qu’au nom d’une conformité avec ce qui se passait dans le monde, toutes ces décisions n’ont été prises que par quelques hommes sans que la démocratie n’ait eu son mot à dire.

Et cela, à partir de maintenant, pourra se reproduire à tout moment…

Vivre, c’est risquer de mourir, et ce dès le premier jour.

Si j’ai bien compris que dans un temps, le confinement était nécessaire pour ne pas saturer les hôpitaux, qu’en est-il dans la septième semaine de notre confinement ?

Il faut que chacun se protège lui-même, et ça c’est mon affaire.

Quand on aime la montagne et la mer, le risque, on le connait, on l’apprécie, et on le prend..ou pas..

Oui mais vous êtes aussi dangereux pour les autres, très bien, et ça aussi je peux l’entendre.

Seulement, suis-je plus dangereux pour les autres que si j’avais une maladie contagieuse, si j’envisageais dans un accès de colère de m’en prendre à mon prochain, ou si encore je roulais un peu vite sur la route ?

Et pendant combien de temps suis-je dangereux pour les autres, et surtout qui le décide ?

En un mot, quelle est la justification d’un confinement aussi long si ce n’est l’utopie de vouloir éradiquer la mort que nos sociétés occidentales n’acceptent plus.

« L’homme est un loup pour l’homme » serait donc la raison.

Il faudra être, très, très attentif pour le futur quand nous aurons à analyser la justification de ces très longues privations de liberté, et le rôle que nous, avocats auront à jouer sera..fondamental…

Au niveau de l’épidémie et des risques de contagion, nous serons quasiment au même stade le 1er mai que nous l’étions le 16 mars.

Nous aurons donc mis huit semaines à comprendre que les seuls moyens de lutter dans un premier temps contre ce virus, de manière générale, sont la distanciation sociale et le port du masque pour tous.

Les autres pays, et surtout ceux qui ont réussi à contrer cette maladie l’on fait rapidement, et pour une fois il serait bon de ne pas trop insister sur le particularisme de la réflexion à la française.

Cela aurait dû être pensé bien plus vite pour ne pas détruire complètement des pans entiers de l’économie.

Pendant que les fonctionnaires voient leurs traitements maintenus à 100 %, que les salariés perçoivent, au pire, 84 % de leur net, quel est le sort réservé aux artisans, commerçants et professions libérales ?

Aucune exonération de cotisations sociales, aucune aide étatique digne de ce nom, si ce n’est 1500 € mensuels, et encore pas pour tous.

Les conséquences seront dramatiques pour nombre d’entre nous, et les chiffres publiés par le CNB sont effarants.

Comment peut-on oublier des parties aussi vives de la société qui en assurent la stabilité ?

Comment peut on accepter une justice à l’arrêt pour 95 % de ses activités ?

Rien n’a été prévu, ou mis en place rapidement, pas de télétravail, pas de visioconférence pas, ou si peu de permanences.

Liberté, il n’y en a plus beaucoup, Egalité plus vraiment, resterait donc la Fraternité.

Dans une période où l’individualisme était le plus exacerbé, c’est au nom de l’intérêt commun que l’on a confiné la population mondiale : quel paradoxe !

Je ne crois pas en un monde nouveau à partir du 11 mai 2020, mais assurément en des relations nouvelles.

Nous nous précipiterons vers nos familles, nos amis et nos proches c’est une évidence, et ce sera bien normal, mais les autres ? oui, les autres.

« Ah ! Insensé qui crois que je ne suis pas toi… »

N’avez-vous pas vu d’ores et déjà la détérioration de nos relations.

Si vous n’avez pas changé de trottoir dès que vous rencontrez une personne qui vient en face de vous, c’est qu’elle l’aura fait avant…

On n’ose plus se parler, s’aborder ou se sourire et c’est cela qu’il faudra reconquérir.

Ce virus n’aura pas eu gain de cause si nous regagnons en humanité en oubliant nos écrans dont nous serons peut-être sevrés et les actualités anxiogènes et contradictoires, retrouvant ainsi cette fraternité de l’autre.

Avez-vous remarqué comme nous nous sommes autocentrés pendant huit semaines comme si tout s’était arrêté, sauf ce mauvais virus.

Il n’y aurait donc plus de guerres, plus d’autres maladies, plus d’accidents, plus de terrorismes, ou si peu, plus de faim dans le monde !

Huit semaines d’un seul et unique virus, dangereux, mais pas aussi létal que ceux qui pourraient survenir dans le futur, nous ont fait oublier l’empathie et la bienveillance.

Je voulais écrire cet article pas simplement pour que vous le lisiez, quoi que, mais surtout pour me rappeler dans quelques années, que nous avions vécu cette période d’arrêt mondial de huit semaines à tout le moins, sans justification réelle.

Ne sera ce qu’une parenthèse, ressortirons-nous encore plus individualistes et égocentrés qu’avant ?

Le vrai défi est là : La Fraternité !

« We are one, but we are not the same… »

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  • : Xavier Chiloux, avocat à la Cour. Candidat au Bâtonnat 2022. 01 84 85 13 40
  • : Ancien membre du Conseil National des Barreaux (2015-2017). Ancien membre du conseil de l'ordre de Paris (2012-2014). Vice-Président de la Cnbf depuis 2011. Candidat au Bâtonnat 2022.
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Notes et Anecdotes

     
"Lorsqu'un juge adopte une solution, c'est bien souvent que la décision inverse lui paraît impossible à rédiger, pas davantage..." François SUREAU: "Le Chemin des Morts"

 

D'un salarié licencié: "Maitre j'ai bien envie de leur mettre un coup de fusil dans les rotules, croyez vous que cela pourra m'handicaper au Prud'hommes..."
"Non, Monsieur, je ne le crois pas, j'en suis sûr."   
   
Citation d'Emile Pollak : Personnellement, je n'ai jamais perdu de procès, mes clients parfois... peut être...

 

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