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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 08:30

 

C’est pourtant relativement clair me semble-t-il : article 2 du règlement intérieur national des avocats, issu de la loi : « Le secret professionnel de l'avocat est d'ordre public. Il est général, absolu et illimité dans le temps. »

 

Quels peuvent être les variations possibles, même par une création prétorienne sur général, absolu, et illimité ?

 

Comment en est-on arrivé là, alors que si le quart du tiers de la moitié de ce qui est arrivé dans notre pays des droits de l'homme s'était déroulé dans un quelconque autre pays du monde, le tollé aurait été général, absolu et illimité ?

 

Comment l'image de l'avocat s'est-elle tellement dégradée que les meilleurs d'entre nous doivent être humiliés et traités comme des délinquants sans aucune voie de recours possible puisqu'ils ne sont accusés de rien ?

 

Il convient de se reporter au discours du bâtonnier Jean Yves Le Borgne (« Etre prêts au combat ») qui accueillait la promotion éponyme des élèves avocats en ce début d'année 2014.

 

« Si plaider est un droit, être entendu est une conquête »

 

« Convaincre, c'est aller chercher l'auditoire là où il est, même s'il est bien loin de soi, et l'amener doucement à faire sienne une pensée très éloigné de son inclination première.

 

Cette évolution presque miraculeuse n'est possible que si celui qui parle est admis, respecté, considéré, estimé, perçue comme porteur d'un potentiel d'une part de vérité qu'il faut savoir entendre… »

 

Pourquoi notre profession, aujourd'hui n'est plus ni respectée ni considérée ?

 

Indéniablement, nous devons nous remettre en cause, favoriser l'accès au droit, car si combattre et défendre nous savons le faire, nous ne savons ni le dire, ni le faire savoir.

 

Nous ne devons pas accepter que notre profession soit vilipendée et qu'il apparaisse aux yeux de l'opinion que tout ceci serait bien normal, et pas si grave en fait, en ce relayé par certains journalistes qui oublient que le secret dont s'agit est de même nature que le leur.

 

Comme l'a excellemment dit le clairvoyant Éric Dupond Moretti qui représente en ces temps agités notre profession avec force, grandeur et sans rien lâcher : « Le secret professionnel ce n'est pas le nôtre, celui des avocats ou d'une corporation, c'est le vôtre, celui des justiciables, des clients qui nous font confiance… »

 

Devons-nous abandonner la partie, refuser de défendre du fait des risques encourus, devons-nous arrêter de combattre pour que ne soient pas écrasés comme indésirables ceux que le hasard a jeté dans les gouffres de trajectoires infernales ou perdues sur les voies de la grandeur tragique…

 

Ne nous leurrons pas, et ne pensons pas, avec un brin de lâcheté que cela ne concerne que les pénalistes, et encore certains d’entre eux.

 

Demain c’est l’avocat en droit de la famille qui se verra écouté sans vergogne parce que son client sera suspecté d’une infraction fiscale, ou le spécialiste en droit social parce que, cette fois-ci, du travail dissimulé sera envisagé.

 

Un juge, ou même pas, décidera alors, a posteriori, une fois le secret professionnel violé que celui-ci aurait pu l'être, ou non…Est-ce acceptable ?

 

Nous sommes déjà dans « 1984 » et nous serons bientôt dans « Minority Report », à savoir le délit de penser, donc d'intention.

 

N'oublions pas qu’étymologiquement, compromis n'est pas bien loin, parfois, de compromission.

 

Dans un autre ordre d’idée, mais sur le même thème de notre respectabilité, devons-nous aussi accepter qu'un membre du conseil de l'ordre depuis de nombreux mois se fasse systématiquement calomniée, diffamée et insultée quotidiennement par l'envoi de courriels à une large liste non concernée, par un adversaire obnubilé par son dossier sans que quiconque s'en émeuve plus que cela ?

 

Devons-nous accepter cette banalisation de ce qui n'est pas Bien, de ce qui n'est pas Juste, de ce qui n'est pas Acceptable ?

 

Devons-nous renoncer à tous nos principes, rentrer dans le rang, oublier comme le disait fort bien l’un d’entre nous que si nous sommes, souvent, de « l’huile dans le moteur » nous devons aussi être du « sable dans l'engrenage ».

 

 

Le bâtonnier Le Borgne disait : « La modestie à laquelle on vous rappellera ne sera le plus souvent que l'habillage en vertu d'une préférence pour la médiocrité qui n'a jamais le souffle de bousculer le statu quo… Assumez les audaces de votre intelligence, même si certains y voient de mauvaises manières… »

 

Est-il normal, que Pierre Olivier Sur bâtonnier de Paris, présent sur tous les fronts, envisage d'appeler nos confrères, en robe, à s'opposer à une perquisition des services de l'ordre dont on l'a menacé, excipant qu'un bâtonnier aurait, comme le dénonce la presse, divulgué l'information qui lui aurait été donnée par les autorités ?

Pendant combien de temps il va être abusé de notre patience.

Bien évidemment nous ne cesseront jamais de défendre, mais que diable, défendons-nous aussi un peu !

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commentaires

Hélène 26/05/2014 17:57

Dans secret professionnel, il y a secret, ce n'est pourtant pas compliqué...

Cabinet gallet 18/03/2014 09:07

Moi aussi je suis du meme avis que vous.

Pasacal MARIE-SAINT GERMAIN 17/03/2014 12:26

Je suis bien d'accord avec toi mais en même temps il semblerait que seul Monsieur Paul BISMUTH (alias Nicolas SARKOZY)ait été mis sur écoute de façon tout à fait légale mais aucunement notre
Confrère Thierry HERZOG!
Donc, arrêtons de nous offusquer sur des dossiers que nous ne connaissons pas et qui aurait peut-être même permis de mettre également Thierry HERZOG sur écoute, ce qui n'est pas interdit si c'est
fait selon les prescriptions légales.
Attendons donc d'en savoir plus avant de monter sur nos grands chevaux car il faut quand même savoir si nous voulons que nos hommes politiques soient irréprochables ou non; dans le premier cas ne
décourageons pas ceux qui essayent de faire la lumière sur les brebis galeuses, dans le second cas encourageons lesdites brebis galeuses à continuer et mettons des bâtons dans les roues à ceux qui
qui essayent de révéler la réalité de ce que sont ceux qui nous gouvernent mais dans le respect de la loi!

  • : Xavier Chiloux, avocat à la Cour. Candidat au Bâtonnat 2022. 01 84 85 13 40
  • : Ancien membre du Conseil National des Barreaux (2015-2017). Ancien membre du conseil de l'ordre de Paris (2012-2014). Vice-Président de la Cnbf depuis 2011. Candidat au Bâtonnat 2022.
  • Contact

Notes et Anecdotes

     
"Lorsqu'un juge adopte une solution, c'est bien souvent que la décision inverse lui paraît impossible à rédiger, pas davantage..." François SUREAU: "Le Chemin des Morts"

 

D'un salarié licencié: "Maitre j'ai bien envie de leur mettre un coup de fusil dans les rotules, croyez vous que cela pourra m'handicaper au Prud'hommes..."
"Non, Monsieur, je ne le crois pas, j'en suis sûr."   
   
Citation d'Emile Pollak : Personnellement, je n'ai jamais perdu de procès, mes clients parfois... peut être...

 

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