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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 07:47

Ainsi, comme chaque année, il va nous falloir choisir, et en aucune façon éliminer.

Une fois encore, j'ai suivi avec délectation cette campagne destinée à élire 14 nouveaux membres du conseil de l'ordre de Paris, et je vous avoue franchement que cette année, cette promotion de 42 candidats est exceptionnelle.

N’en choisir que 14 sera une déchirure mais c'est la règle démocratique.

Ils débordent d'énergie, de conviction, de volonté de servir et c'est bien de cela dont nous avons besoin.

Je l'ai écrit, l'institution est plus forte que chacun d'entre nous et que chacun d’eux.

Nous allons élire, et choisir nos représentants, notre sénat romain, et soyez-en assurés, il n'y a pas de mauvais membre du conseil de l'ordre, il n'y en a que de bons, et parfois d’excellents.

Ceux de 2015 ne dérogeront ont en aucune façon à la règle.

Même si mon bulletin de vote du premier et du second tour, contiendra 14 noms, et ceux que j'ai choisi le savent, il ne m'appartient pas, je l'ai critiqué en d'autres temps, de vous en dévoiler la teneur.

Néanmoins, il ne me semble pas antinomique, de vous recommander une ou deux candidatures.

L’année dernière, dans un scrutin à deux tours que j'essaie toujours de comprendre bien qu'on ait tenté de me l'expliquer, Anne Salzer s'est vue sortir de la liste des éligibles entre les deux scrutins.

Ceci est cruel et seuls ceux qui l’ont vécu, et dont je fais partie, peuvent réellement le comprendre.

Le conseil de l'ordre a besoin de diversité, d'être une représentation de toutes les composantes de notre barreau, et a surtout besoin de membres qui ne pensent pas forcément comme toutes les autres, et qui n'acquiescent pas à la majorité qui peut se tromper, c'est la faiblesse d'un système démocratique.

Anne Salzer est une de ces personnes et sera utile à la réflexion d'un conseil de l'ordre.

Le deuxième nom que je vous conseillerai, et je n'irai pas plus loin, vous surprendra sûrement.

Je voterai en effet, et sans hésitation, pour le bâtonnier sortant, Pierre Olivier Sur.

Vous n'êtes pas sans vous rappeler que je l'ai parfois critiqué tant j'aurais voulu, avec beaucoup d’autres, que son Bâtonnat soit meilleur.

Cependant, il a fait le travail, et il n'a pas ménagé son temps et son implication pour perpétuer nos traditions et nos valeurs.

L'université d'hiver, si l’on doit ne retenir que cela, lui appartient en propre, c'est un succès, c'est une vitrine sur l'extérieur, et elle devra être conservée.

Bien sûr il a fait des erreurs, mais n'oublions pas qu'être bâtonnier c'est choisir souvent, trancher, et forcément ne pas plaire à tout le monde.

La règle qui veut qu'un ancien bâtonnier, pendant une durée, dorénavant limitée à deux mandats, puisse se représenter au Conseil de l’Ordre permet de conserver à notre institution, la mémoire et l'expérience de celui qui a habité cette fonction pendant deux années.

Des liens et des relations ont été tissées avec toutes les composantes de notre société civile et il serait particulièrement dommageable, pour l'institution, de les perdre.

Les 15 et le 16 Décembre 2015, ce seront nos élections, les nôtres celles qui nous appartiennent, celles qui nous permettent de nous exprimer et de faire confiance à ceux qui vont nous représenter.

Votons, Votez, c'est le privilège de la démocratie, et tellement dans le monde souhaiteraient pouvoir l'exercer, et choisissons ceux que nous allons observer, juger et critiquer pendant les trois prochaines années.

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Published by Xavier Chiloux
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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 10:49

Valentin, je ne crois pas que nous nous connaissions avant les événements du 13 novembre 2015, bien que votre visage me soit familier.

Vous représentiez la jeunesse de notre barreau de près de 30 000 membres, bientôt, et qui en accueille presque 2000 par ans, soit chaque année, la taille du barreau de Marseille, dans sa totalité.

De ce que j'ai pu lire sur vous, surtout de vos amis sur les réseaux sociaux, vous étiez, non seulement jeune et talentueux, mais en plus, animé de cet esprit curieux et parfois impertinent qui fait les plus grands avocats.

Le serment d'avocat que vous avez prêté il y a un peu plus d'un an nous parle de dignité, de conscience, d'indépendance de probité et d'humanité.

Mon Dieu, que vous les avez toutes incarnées ces valeurs, ce 13 novembre 2015 au Bataclan, vous qui avez fait rempart de votre corps pour sauver votre compagne.

Le 24 septembre 2014, ce n'est pas moi qui ai eu l'honneur et le privilège de vous accueillir lors de votre prestation de serment.

Reprenant mon agenda je remarque que j'étais à l'Ordre à la même heure pour une commission de déontologie générale et que, nous avons dû nous croiser, alors qu'avec votre nœud papillon blanc, habité de la fierté de devenir avocat, vous vous dirigiez vers la bibliothèque de l'ordre pour entendre le représentant du bâtonnier vous dire comme notre profession est une des plus belles, des plus gratifiantes mais aussi, une de celle qui exige le plus de responsabilité.

Puisque nos regards ont forcément dû se croiser, je vais te tutoyer dorénavant Valentin, et pas seulement parce que tu as l'âge de mes enfants, mais parce que tu étais l'un des nôtres : un confrère.

Tu le sais, nous avocats, nous n'avons pas le droit à l'erreur.

Nous sommes avocats, pendant 10, 20, 30, 40 ou 50 ans, à tous les moments de notre vie professionnelle ou personnelle.

C'est notre déontologie, qui ressemble étrangement à la démocratie qui se doit d'être partout et tout le temps sinon nous n'existons pas.

Alors bien sûr, ce 13 novembre au Bataclan tu n'étais pas dans l'exercice de la profession, et tu aurais pu faire montre d'un petit peu moins de caractère qu'exigeait notre serment.

Cela n'a pas été ton choix, et tu as préféré, en toute conscience et indépendance être digne, honnête et humain.

Tu es le seul, d'entre nous avocats, à être tombé sous le coup de ces assassins shootés à l'idéologie et à certaines drogues comme leurs ancêtres étymologiques des temps anciens.

Ce massacre aveugle, destiné à nous atteindre dans tout ce que nous sommes, nous hante, et nous hantera pendant de nombreux mois, et ton visage radieux, confiant, et plein de certitude en un avenir qui se voulait radieux nous portera.

Le bâtonnier Pierre Olivier Sur nous l'a dit, ce qui le hante lui, depuis tant de jours c'est que tu avais ta robe d'avocat, avec toi, dans ta serviette, ce soir-là car tu devais la porter après le week-end pour exercer notre métier.

Nous le savons tous, celle-ci n'est pas en kevlar et n’a pu donc te protéger contre l'innommable, ce n’est pas sa fonction.

Non, notre robe est dans un tissu simple, noir, identique depuis plusieurs siècles, elle est le symbole de la solennité qui est celle de notre métier, de nos missions, et de la manière dont nous les exerçons.

Elle témoigne de notre engagement auprès de tous ceux qui sont accusés injustement, ou justement, ce n'est pas notre propos nous sommes des défenseurs.

Daniel Soulez Larivière l’écrivait fort justement, nous sommes à la fois, et selon des moments, de l’huile dans le moteur ou du sable dans l'engrenage.

Comme l'ont souligné tes amis, le paradoxe, c'est que tes assassins, tu les aurais défendus, dans une démocratie qui se doit de respecter aussi les libertés, avec force et conviction.

Valentin Ribet, aucun de nous n’oubliera jamais qui tu étais, ce que tu représentais et le sens de ton sacrifice pour que vive quelqu'un d'autre.

Tant de vies volées à tant de jeunes femmes et de jeunes hommes beaux, lumineux, désirant croquer la vie, tant de destins brisés, de personnes mutilées psychologiquement et physiquement qui ne guériront jamais, ou alors très tard, tant de haines aveugles contre ce que nous sommes, intrinsèquement et que nous ne céderons jamais, tant de chaos, d'absurdité et d’incompréhension et, comme une lueur d'espoir, ta robe d'avocat parmi les scellés.

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Published by Xavier Chiloux
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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 09:02

Petit préambule ponctuel, destiné à disparaître bientôt, et d'assez peu d'importance en définitive, concernant la genèse de ce texte.

Il y a quelque temps, la commission culture créée par l'excellent Emmanuel Pierrat et reprise depuis par d'autres, a imaginé lancer la première revue littéraire du palais.

Excellente idée à laquelle j'ai immédiatement souscrit en présentant ce que vous pourrez lire ci-dessous, si vous en avez, et le temps et l'envie.

Parfois il est vrai la confiance se teinte de naïveté et à force de ne pas être courtisan on n’est pas considéré.

Cette revue se fera donc sans moi et il me tarde déjà de l'avoir dans les mains, bilan de deux années glorieuses qui se terminent.

En y réfléchissant en fait, j'aimais bien : « Libres pour servir »...

 

 

L'accès au palais de justice de Paris est multiple, varié et parfois secret, ou, à tout le moins, l’était.

De tout temps, nous pouvions y entrer solennellement, par plusieurs volées de marches en marbre, selon nos souhaits, mais surtout nos moyens de locomotion, soit par le boulevard du palais soit par la place Dauphine.

Enfin, je vous parle d'un palais de justice qui, quoiqu'il arrive, ne sera plus du tout le même à partir de 2017 et du déménagement aux Batignolles.

Certains le fréquenteront encore, d'autres, plus du tout, et il n'est peut-être donc pas inutile d'en garder une mémoire.

Aujourd'hui, on ne peut plus entrer par l'escalier magistral, bien que caché du grand public, ce qui n'est pas toujours antinomique, de la place Dauphine.

Pas plus, hélas pour les mêmes considérations, sécuritaires ( ?) nous ne pouvons monter, sauf à passer par la porte : « Sortie », les marches du boulevard du palais que néanmoins nous pouvons descendre, allez comprendre.

La véritable entrée des professionnels en réalité, c'est par le 36 Quai des Orfèvres et la police judiciaire.

Enfin devrais-je dire, ça, c'était avant, puisque nous venons d'apprendre que la première présidente de la cour d'appel ne souhaitait plus à partir du 1er décembre 2015 qu'une seule entrée pour les avocats, à savoir par le boulevard du palais.

Tout ceci va être parfait surtout lorsque l'on viendra de la maison du barreau, de la Carpa ou de l'exercice professionnel dont les locaux se trouvent de l'autre côté… Place Dauphine…

Si nous étions paranoïaques, ce qui est bien évidemment un défaut qu'aucun d'avocat n’entretient, nous penserions que cela est fait à dessein.

Quoi qu'il en soit, imaginons encore que l'autorité du bâtonnier permettra d'échapper à cette mesure en répression de quelques incidents que personne n'avait envisagés de maîtriser, et commençons la pérégrination.

 

Après un passage par un sas en quinconce où il convient de montrer patte blanche, nous accédons, par un porche incertain, à une cour où se dresse depuis toujours une construction en préfabriqué destinée à être temporaire.

Nous abordons alors le célèbre escalier A au lino noir improbable, aux murs d’une couleur indéterminée, qui autrefois, cependant ont dû être beige, peut-être, et à la rampe en bois polie par des mains successives et incessantes, digne d’un univers à la Maigret.

Pour nous l’arrêt sera au premier étage envisageant et surtout fantasmant sur ce qui peut bien se passer à la police judiciaire située au-dessus, et dont certains faits divers nous renseignent néanmoins.

Dans l’escalier A, il n'est pas rare d’y croiser des Robocop, armés jusqu'aux dents prêts à bondir, gilets pare-balles bien ajustés, sortes de Terminator s'apprêtant à sauver le monde : « I’ll be back ».

En quittant cet escalier, on franchit une porte à la sécurité diabolique puisque, à partir de 20h, date de sa fermeture officielle, le coin en bois qui la maintient ouverte toute la journée est retiré, mais par qui, on aimerait bien le savoir (enfin moi, cela me turlupine).

À droite, ce sont les chambres de l'instruction, que j'avais appris à appeler d'accusation ce qui ne change pas grand-chose d'ailleurs, même si je les ai à peine fréquentées, peut- être du fait de leur côté un tantinet… désagréable…

À gauche, le couloir qui dessert l'ordre des avocats et la bibliothèque de l'ordre, aux bancs assez modernes même s'il est tout à fait inquiétant de voir à la place des bras, des tablettes d'inspiration IKEA destinées à y poser les cafés qui vont se succéder, rythmant ainsi l'attente qui en résulte.

Avec un peu de chance, vous y croiserez Éric Dupond-Moretti qui parmi ces immenses et divers talents, vous montrera comment l'on peut fumer une cigarette dans la manche de sa robe.

Dans le cadre du futur déménagement, nous devrions, c’est écrit, conserver : le bureau du bâtonnier et la salle du conseil, majestueuse, ornée des portraits de 12 juristes, plutôt inconnus, et dont un seul fût avocat, et la bibliothèque de l'ordre des avocats aux souvenirs impérissables qui deviendrait, par une destination évidente, nôtre musée.

Une petite galerie maintenant, assez amusante car là encore cela fleure bon le précaire permanent, surtout vue de l’extérieur, et l'on arrive dans la galerie de la première présidence.

Par une tradition, pas si ancienne que cela, c'est ici que les avocats placent les médaillons des plus illustres d'entre eux.

À gauche, tiens donc, le premier : Gaston Monerville.

Puis en allant vers la droite Vincent de Moro Giafferi, ténor d'une autre époque dont les anecdotes résonnent encore, parfois, dans les couloirs.

Vous n’êtes pas sans savoir que les civilistes, et autres d'ailleurs, ont l'habitude de plaider sur les fondements des codes auxquels ils se réfèrent.

Ainsi lorsqu'on plaide en responsabilité civile, on a l'habitude d’évoquer les articles 1382 et suivants du Code civil, soit, les deux ou trois articles qui suivent, au plus.

Rappelons pour les non-initiés, que le Code civil se compose de plus de 2500 articles et de 2500 pages. Un président un peu agacé par la plaidoirie de Vincent Moro, brillante certes, formellement, mais un peu décousue techniquement et juridiquement, osa l'interrompre et lui demander sur quels fondements il basait son argumentation.

La réponse, célèbre entre toutes, ne se fit pas attendre : « Monsieur le président : Code civil article 1… et suivants… »

Nous voici au médaillon du bâtonnier Charpentier, celui de la seconde guerre mondiale, dont les prises de positions resteront de tout temps controversées et qui se garde bien de regarder à sa droite celui de Pierre Masse, premier secrétaire de la conférence du stage, mort en déportation et dont la lettre d'adieu à son bâtonnier, Charpentier, se doit d’être lue, par tous ceux qui veulent devenir avocats.

Enfin, c'est le médaillon du dernier accroché : Maurice Garçon, polyvalent, iconoclaste et surtout immortel.

Que nos contemporains se rassurent, à la droite de Maurice Garçon il reste, jusqu'à la prochaine porte d'audience… onze places disponibles… Notre « Hall of Fame » peut donc se remplir gentiment, et si l'on m'interroge, j'ai d'ores et déjà quelques idées…

Pas une femme vous l'aurez remarqué, et il faudra prendre le couloir, moins prestigieux, de gauche qui nous mène au vestiaire pour qu’enfin, dans la galerie Duc, apparaisse le médaillon de Maria Vérone.

Pourtant là encore, j'ai quelques petites suggestions, que je peux partager, je vous l’assure, sur celles qui pourraient trouver place tout à côté de Maurice Garçon.

Nous voici au vestiaire face à un escalier en arc de cercle qui avec une imagination débordante pourrait faire penser à celui d’un château à la française.

Y a-t-il un sens pour monter à l'étage supérieur ? Honnêtement j'en suis persuadé, mais je pense que pour en être sûr il conviendra de procéder à une consultation populaire.

Pour ma part, je prends toujours l'escalier de gauche, en entrant par la galerie Duc pour redescendre par celui de droite.

Et surtout ne me parlez pas de superstition.

À la question « Etes-vous superstitieux », il faut toujours répondre par : « Non cela porte malheur ».

Ce petit escalier, à la moquette bleue chinée de blanc aussi improbable que le lino de l'escalier A, est un des lieux par excellence où l'on croise tous les confrères que l'on souhaitait voir, et les autres aussi… malheureusement.

La montée n'est pas très joyeuse puisque sur la gauche c'est la rubrique nécrologique qui nous attend, ce qui impose d'ailleurs de monter par ce côté pour quitter le vestiaire d'un pas plus léger.

En haut, les toques, qui ne sont plus hélas nos chapeaux renversés où du temps de mon père, ou encore plus tard, les boîtes à chapeaux, mais d’horribles petites casses métalliques et impersonnelles, truffées de post-it indiquant que l'ancien propriétaire ne l'est plus, et de flèches au marqueur précisant qu'il faut prendre le courrier en dessous du nom et non au-dessus comme tout le monde le fait.

Pour moi, ce sont les toques de la rangée B, celles qui sont tout près des toilettes, ce n'est pas forcément très intéressant de le mentionner mais cela a un côté pratique néanmoins.

Ma « Dame du Vestiaire », n'est pas une vieille rombière acariâtre comme on a pu en connaître hélas, mais une ravissante jeune femme à la disponibilité et à la gentillesse exemplaire.

Je le mentionne volontiers car cela compense un peu le caractère impersonnel et fouillis des lieux dans lesquels ceux qui dépassent 1 m 80 ont toujours peur de se voir percuter par une caisse, filant sur des rails au plafond, et transportant notre courrier, vieille réminiscence des « pneus » d'antan.

Nos Cases/Toques, ne mesurant qu'à peine une dizaine de centimètres de hauteur, bien évidemment la plupart des dossiers dont ceux de plaidoirie ne peuvent s'y loger.

« Maitre Chiloux vous n'oublierez pas de prendre en haut de votre colonne, les trois énormes dossiers de plaidoirie qui nous encombrent depuis plusieurs jours », me rappelle sournoisement un post-it blanc sur la tranche de ma toque qui empêche ainsi quiconque, dorénavant, d’en identifier le titulaire.

Saisissant d'une main alerte mon courrier qui devient de plus en plus rare de nos jours, tout en gardant en équilibre ma serviette et ma robe sur le bras opposé, je me dirige, d’une démarche qui se veut la moins inélégante possible vers la tablette de l’entrée, toujours encombrée et impropre à remplir son office, qui me permettra d’ouvrir ma correspondance…au vu et au su de tous.

Puis me voilà descendant par l'escalier de droite, toujours, regardant à gauche la vitrine, plus encourageante, des associations avant d'opter pour l'une ou l'autre des deux sorties.

Cette fois-ci, ce sera par la galerie marchande qui surplombe la cour du Mai.

Je pénètre dans celle-ci toujours avec une forte émotion car c'est là que m'attendait mon père il y a maintenant 20 ans lorsque nous décidions de déjeuner ensemble. « Mon fils, je t'attendrai à 12h30 sur le banc en bois devant la Poste de la galerie marchande. Tibi »

Cette galerie est toujours merveilleusement claire et j'ai toujours l'impression qu'il y fait systématiquement beau, quel que soit le temps et la météo extérieure.

C'est pour moi l’un des endroits les plus symboliques de notre palais, plus encore que la salle des pas perdus adjacente et dont je parlerai peut-être un peu plus tard, ou à un autre moment.

Il est vrai que les bancs sont de bois même si leur couleur ébène en fait douter.

Prenez quelques instants pour en examiner les bras ornés de têtes de félins qui ne peuvent être que l'inspiration de ceux de Fort Boyard, j'en suis sûr.

De Poste, il n'y en a plus désormais, mais c'est avec une certaine émotion, au demeurant fort légitime, que j'ai remarqué que la salle qui y avait pris place s'appelle dorénavant : « Salle d'audience de la poste de la cour d'appel ». La tentation serait grande maintenant de dévaler cet escalier en marbre qui une fois la cour du Mai traversée nous mènerait sur le majestueux boulevard du palais.

Il nous faudrait alors remonter par l'escalier de côté, celui qui longe la conciergerie et qui s’orne en son entresol d'inscriptions historiques et si mystérieuses : numéro 5 d'un côté numéro 8 de l'autre : « Abonnement et lecture de journaux… ».

Comme je suis garé Place Dauphine, me revoilà arpentant la galerie marchande et laissant sur ma gauche la Sainte-Chapelle, écrin mystique voulu par Louis IX, qui nous accueille traditionnellement, une fois par an, lors de la messe de la Saint Yves, saint patron des avocats.

Un peu plus loin sur la droite, c'est le point d'information pour le public qui est ouvert de 12h32 à 12h43 les jours pairs des mois impairs, et les jours impairs des mois pairs…sauf les jours fériés…

Nous repassons dans la galerie de la première Présidence, laissant d'un côté l'escalier Z et de l'autre en toute logique, le T et le Y.

Il faudra bien un jour qu'on nous explique quel est l'esprit particulièrement tordu qui a disposé ainsi les escaliers du palais de justice dans un ordre connu, que de lui, et encore ce n'est pas sûr.

S'ajoute à ceci une nouvelle signalétique d'une couleur bordeaux du plus mauvais effet et qui ne permet pas d'identifier précisément où l'on doit se rendre, sauf si bien sûr on le sait, ce qui n’est pourtant pas le but recherché.

Après avoir retrouvé l'escalier A qui n'est pas forcément plus engageant à la descente qu'à la montée, on retraverse la cour au préfabriqué, le porche incertain et le contrôle des forces de police qui, dans ce sens pas n'ont pas grand-chose à faire, il faut l'avouer.

On longe des barrières métalliques qui nous font l'effet d'avoir été disposées à la va-vite alors qu'elles sont là de tout temps ; encore du provisoire qui dure.

S'il fait nuit, on ne manquera pas d'observer le néon bleu qui luit, encore pour quelques jours dans le bureau du bâtonnier, réminiscence de joies de campagne.

Sur la gauche, c'est un immeuble, improbable lui aussi, au style architectural totalement décalé et dont on peut se demander comment il a été autorisé à cet endroit, qui accueille encore, pour quelque temps : la Carpa, l'exercice professionnel, et d'autres services administratifs de l'ordre.

Traversant la magique place Dauphine, je me retrouve devant le numéro 12 qui accueille la gazette du palais, la conférence des bâtonniers et le cabinet de mon ami Xavier Charvet.

En fait, j'ai été beaucoup trop loin car ma moto est garée, enfin je l'espère tant que le préfet de police ne fait pas de zèle, un peu en dessous de la place Dauphine.

Voilà, le voyage semble terminé ; mais n'ai-je pas oublié de vous parler de quelque chose ?

Ah oui je m'en souviens : un trottoir, que diable !

Faites en l'expérience, je vous en conjure, plutôt que de raser bêtement les murs du palais entre les barrières métalliques, provisoires rappelons-le, et les voitures de la police judiciaire, essayant de ne pas vous faire faucher par un bus, lancé pleine balle depuis la statue d'Henri IV, traversez la rue dès votre sortie par le 36 Quai des Orfèvres.

Le voyage peut être plus ou moins court, entre 20 et 50 m mais honnêtement vous ne pourrez être déçus, quelle que soit l'heure du jour : l'allée pavée qui descend vers la Seine, vierge de toute automobile, car c'est là que naguère les avocats se garaient, la Seine donc, majestueuse, plus loin le Pont-Neuf, pas tant que cela d'ailleurs, et un peu plus au fond, le Louvre…

 

Comme la vie est lente

Et comme l’Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l’heure

Les jours s’en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines

Ni temps passé Ni les amours reviennent

Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l’heure

Les jours s’en vont je demeure

 

Oui, je le sais, ce n'est pas exactement le pont Mirabeau mais la Seine y coule un peu, en avance, et comme le disait Coluche : « Vous savez moi sans mes lunettes… »
 

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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 09:13

Cette succession de zéros et de uns, et encore de uns et de zéros nous la connaissons bien, que ce soit en musique ou en mathématique.

Ce rythme binaire règle d'ailleurs un peu, et depuis nos études, nos vies de juristes et d'avocats ; qui ne se souvient du plan en deux parties et en deux sous parties.

Ce rythme binaire, 0/1, 1/0 régit, malgré quelques exceptions, la succession de ceux qui sont appelés, par nos confrères, à diriger l'ordre des avocats de Paris, c'est ce que d'aucuns appellent : l'alternance.

Ce sont ceux-là mêmes qui prétendent d’ailleurs, que parfois cela se passe bien.

Fin d'un cycle, début d'un autre, tout cela est bien naturel et les bilans interviendront plus tard.

Amertume et regret d'un côté, sûrement, espoir et dynamisme de l'autre, de toute évidence.

Je vous avoue très franchement que les premières annonces, et nominations du futur bâtonnier qui nous conduira jusqu'en 2017, dans ce moment particulièrement charnière de notre histoire puisque nous emménagerons alors aux Batignolles, me remplissent, sans que la boîte de Pandore ne soit ouverte, d’une magnifique espérance.

Des travailleurs, et en plus désintéressés, que de changements…

Ces changements ne seront pas isolés, j’en suis sûr, et c'est bien à de nombreux bouleversements auxquels il faut s’attendre dans les prochaines semaines, et dans tous les services.

Tout ceci est du meilleur augure ! Néanmoins, pendant ce temps-là, nous le savons tous, la profession, dans son unanimité parisienne et provinciale, souffre.

Ce soir, c'est une assemblée générale extraordinaire du conseil national des barreaux qui prendra, il n'est pas nécessaire d'être grand clerc pour le deviner, des mesures fermes et peut-être définitives quant au dossier de l'aide juridictionnelle qui nous empoisonne depuis plusieurs dizaines d'années.

Quand je dis empoisonne c'est que bien sûr, comme le professe à longueur de temps mon ami du CNB Vincent, et pour être un peu trivial : on nous enfume…

Ce sujet nous monopolise, nous « unanimise » mais surtout nous « réactionnairise » alors que nous sommes incapables d'imaginer et de construire, nous-mêmes, ce que sera notre profession de demain.

Et pourtant, il y a urgence, en parallèle du projet justice 21 voulu par les pouvoirs publics, que nous construisions le projet AVOCAT du 21ème siècle.

Je ne suis pas le seul à le dire et à l'écrire inlassablement : nous ne pouvons-nous contenter d'être en réaction et non pas en action.

Nous devons être force de propositions, positives, tout en acceptant les principes de base que nous ne voulons pas voir comme notamment, le désengagement financier inexorable de l'État… Dans tous les domaines…

Si nous ne le faisons pas, d'autres le feront pour nous, les idées ne manquent pas, et pas forcément les meilleures.

Je me souviens très bien il y a maintenant une trentaine d'années, d'un cours, à ce que l'on appelait alors le centre de formation des avocats, sur la psychologie des confrères.

Il y a plusieurs catégories psychologiques principales, mais l'intervenant nous avait indiqué, qu’à 95 %, les avocats se situaient dans la classe : Enfant Rebelle.

Refuser quoi que ce soit à un enfant et celui-ci s'énerve, crie et tempête, lui dire que c'est le plus beau et le plus intelligent, et voilà qu'il file droit.

Binaire, vous disais-je, 0/1..1/0...

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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 14:13

Invitée pour la première fois, l'année dernière dans ce qui n’était alors qu’une triangulaire qui se transforma bien vite en quadrangulaire, l'équipe du golf club du palais opposée aux barreaux de l'Ontario, d'Angleterre et d'Écosse, avait, contre toute attente, osé triompher de cette première édition qui se déroulait en Angleterre.

Pour la deuxième, qui était organisé cette année par les Canadiens de l'Ontario sur le golf de Montebello, à mi-chemin entre Montréal et Ottawa, nous n'avons pas eu la même inélégance puisque nous avons fini deuxième.

Alors qu'il pleuvait paraît-il à Paris, nous avons dû affronter une chaleur tropicale avec un taux d'humidité qui rappelait plutôt l'Asie du Sud-Est.

Le premier jour, ce qui n'est jamais désagréable, nous battîmes l’équipe anglaise 6.5 à 1.5.

Le second jour, nous ne pûmes faire mieux qu'un partage des points 4 à 4 avec les Écossais avant que de perdre d'un point contre l’Ontario.

En définitive nos confrères canadiens, purent bénéficier au total et après trois jours de compétition le matin et l'après-midi sans quasiment s’arrêter, de deux points d'avance sur nous.

Nous étions logés dans un hôtel conceptuel, sorte de grand chalet en bois, dont les poutres se terminaient par des pointes acérées, peintes en rouge vif et dont la disposition en étoile faisait plus penser à Fleury-Mérogis qu’au Caesar Palace.

Ajoutez à cela, dans la pure tradition nord-américaine, une moquette assez surréaliste présente partout et sans discontinuer, et vous comprendrez aisément que nous nous attendions tous à croiser au détour d'un couloir le Jack Nicholson de Shining ou plutôt le gamin et son drôle de tricycle.

Quoi qu'il en soit, ce fut encore un grand moment de fraternité, de confraternité et d'amitié avec tous nos confrères qui représentaient un groupe d'une cinquantaine de personnes.

Profitant de l'occasion de notre déplacement outre-mer, nous avions planifié, hors compétition, le dernier jour, une rencontre avec le barreau de Montréal.

Ceci nous permit de découvrir un merveilleux parcours dessiné par Fred Couples, et au nom prédestiné: Le Maître de Mont Tremblant à 1h à peine de notre hôtel.

Dans un cadre amical, nous avons pu faire connaissance avec les termes techniques si particuliers de nos cousins québécois.

Ainsi on ne mesure pas là-bas en mètre ou en yard, mais… en verge, et lorsqu'on arrive sur le vert (green) et que l'on souhaite que le drapeau reste placé à son emplacement, on demande simplement …que la Pine reste dans le trou…

Enfin lorsqu'on s'égare un peu, et que l’on visite la forêt, de toute évidence on se retrouve dans la chnoute. Pour les initiés du golf cela me rappelle celui qui disait : « En fait j'aime bien jouer les bois… Même si j'ai parfois du mal à en sortir… »

L'année prochaine, ce sera le championnat d'Europe des Avocats au Portugal, qui lui rassemblera plus de 10 équipes avant qu'en 2017 la France, et particulièrement le golf club du palais, organise à son tour, un an avant la Ryder Cup, la troisième édition de cette Quadrangulaire, décidemment très golfique.

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20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 14:53

La coupe du périmètre de golf oppose depuis l'année 2008 les avocats aux experts-comptables.

Elle a trouvé sa place naturelle au milieu du mois de juillet période pendant laquelle nous pouvons nous retrouver, assurément plus détendus, que pendant le reste de l'année.

La seule difficulté, mais vous me direz qu'en ce moment ce n'est pas vraiment quelque chose de particulièrement extraordinaires, ces sont les conditions climatiques.

Le jeudi 16 juillet 2015, sur les 27 trous du splendide golf d'Ozoir-la-Ferrière qui nous a magnifiquement bien reçus, nous avons quand même brettés sous un thermomètre qui affichait 36°.

Les experts-comptables qui nous avaient fait faux bond l'année dernière, sûrement revigorés par leur lobbying efficace auprès du ministre de l'économie, étaient présents en force cette année ce qui était moins le cas des avocats.

Probablement épuisés par les débats parlementaires des deux chambres, outre les commissions mixtes paritaires, et les tentatives de dernière minute pour contrer le 20 Bis, les hommes de robe n'étaient pas à leur mieux, et d'aucuns firent faux bond à la dernière minute au-delà des statistiques habituelles de ce genre d'événements.

Disons le tout de go, si la qualité était la n'en doutons pas, nous étions en infériorité numérique.

Ceci était d'autant plus fâcheux que cette édition était déterminante puisque jusqu'alors nous étions à trois victoires partout.

Quoi que, pourrions-nous considérer par une argutie certes, mais pourquoi pas, que les hommes du chiffre ayant fait défaut l'année dernière, l’édition 2014 devait nous revenir.

Nous commençâmes le matin sur neuf trous en équipe selon la formule connue des initiés du greensome et hélas nous dûmes subir une défaite 4 à 1, qui pouvait laisser augurer une seconde partie de compétition difficile.

Heureusement l’excellent déjeuner servi dans une salle climatisée et les divins breuvages qui l'accompagnaient revigorèrent les troupes et permirent que la défaite annoncée des avocats soit plus supportable.

En effet, à l'issue des 11 simples de l'après-midi sur 18 trous, le score final fût de 8.5 à 7.5 pour les experts-comptables.

À l'issue de cette journée, durant laquelle c'est curieux, tout le monde était assez d'accord sur l'interprofessionnalité, on se demande chaque année pourquoi cette rencontre est simplement annuelle tant nous avons à partager et à communiquer entre nous, sans posture, et en étant conscient de nos différences certes, mais surtout de nos complémentarités.

La date parait être acquise pour la huitième édition, celle de la revanche bien évidemment, et vu que nous avons été accueillis merveilleusement bien par le golf d'Ozoir-la-Ferrière, il semble bien que le lieu le sera aussi.

PS : alors que j'écrivais ce message, la sonnette a retenti, c'était un coursier.

Celui-ci me livrait un magnum de vin du fait d'un pari perdu par le capitaine des experts-comptables Christian Pécheux.

Non seulement ils nous battent mais en plus ils sont élégants…

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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 15:59

Ce n'est pas tout à fait pas le genre de la maison de tirer sur les ambulances, pas plus d'ailleurs que de voler au secours de la victoire comme le font nombre de confrères depuis quelques jours.

D’ailleurs, c’est assez amusant, ce sont souvent les mêmes.

Ce n'est pas faute de l'avoir prévenu, Laurent Martinet, et je n'étais pas le seul, que le péché était originel, que selon toute vraisemblance cela devrait très mal se passer à l'issue du premier tour et qu'il en subirait toutes les conséquences.

Le garçon est intelligent et compétent, je l'ai déjà écrit, mais de toute évidence il n'avait pas compris le séisme qu'il déclencherait et que plus dure serait la chute.

Il est allé à Canossa, mardi devant ses pairs du conseil de l'ordre et aujourd'hui, s'il n'a pas démissionné, ses prérogatives seront réduites jusqu'à la fin de l'année.

Il y a peu, j'avais parlé d'empathie et Dieu sait que j'en ressens une immense, aussi, pour David et Hubert qui, néanmoins, si je l'ai bien compris ont décidé de continuer.

Frédéric Sicard et Dominique Attias savent depuis de nombreuses années tout le bien que je pense d’eux et ce n'est pas moi qui vais me plaindre d'un bâtonnat qui s'annonce, pour les deux prochaines années, sous le signe du travail sérieux et constructif.

En tant que membre du conseil national des barreaux durant cette même période je serai à leur côté dans une vision qui se doit d’être toujours proactive de notre profession sinon, ne nous leurrons pas, nous disparaîtrons.

Pour en revenir à Laurent Martinet, nous venons d'apprendre que Pierre Olivier Sur reprenait la place de droit, qu'il n'a pas occupée pendant 18 mois, de vice-président au sein du bureau du conseil national des barreaux et ce, en lieu et place de celui qu’il avait désigné au début de son mandat : son vice bâtonnier.

Je n'ai rien à gagner à le faire, voire même, mais je tenais cependant à rappeler à tous, le travail constructif, professionnel et sans une erreur que Laurent Martinet a produit durant ces 18 mois de présence au bureau du Conseil National des Barreaux.

Nous lui devons, indéniablement, notre réconciliation avec cette institution représentative de la profession.

Laurent aime le CNB c'est indéniable car on ne peut pas y consacrer autant de temps et d’énergie sans cela, et je ne crois pas m’avancer en pensant que c'est réciproque.

Il s'agit d'un de nos confrères, qui s'est investi pour le bien de la profession, et de nous tous, et il convient de le dire aujourd'hui, plus encore.

Le rachat sera long, mais nous ne devons pas nous priver de compétences qui ont fait leurs preuves.

Comme le disait Milan Kundera, pas dans le formidable « L’Insoutenable légèreté de l’être » mais dans « La Plaisanterie », (intéressant non ces deux titres …) : « Vivre dans un monde où nul n'est pardonné, où la rédemption est refusée, c'est comme vivre en enfer. »

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24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 08:41

Aujourd'hui, au lendemain des résultats de l'élection au bâtonnat 2016, je suis fier d'être avocat, comme je l’ai souvent été d'ailleurs mais en ce moment, un peu plus encore, définitivement.

Je suis fier d'appartenir à ce barreau qui a su rester fidèle aux principes fondamentaux de notre ordre et qui a placé en finale deux équipes qui font honneur à notre profession et à l'implication inlassable que certains veulent bien lui consacrer.

Maintenant néanmoins, il nous faut choisir.

Je veux, pour nos 28 000 confrères, dans toutes leurs diversités et leurs différences qu'il convient de comprendre et d'accepter, pour les anciens dont certains s'occupent sans relâche, pour ceux qui chaque jour sont confrontés à des difficultés incessantes et multiples, enfin pour tous les jeunes dont ma fille qui a prêté serment il y a 18 mois, un ordre résolument moderniste, proactif et porteur d'avenir.

Demain, plus que jamais : « Il faut voter David Gordon-Krief et Hubert Flichy. »

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22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 08:06

Nous voici à l'heure du choix, et celui-ci est crucial pour notre profession.

Après une campagne difficile et beaucoup trop longue, il convient de se démarquer de ce qui a été trop souvent, populiste, démagogue, et hélas réactionnaire.

Notre profession n'a pas besoin de cela. Ce qu'il faut aujourd'hui, c'est d'être moderniste proactif et porteur d'avenir.

Il n'est plus l’heure de critiquer, tous les programmes ont été rendus publics et chacun peut les lire, aujourd'hui il n'est simplement plus question que de choisir et personnellement ce sera David Gordon-Krief et Hubert Flichy.

Je déplore le trop grand nombre de candidats, et la fin d'un certain cursus honorum que toute démocratie se doit de respecter.

C'était déjà le cas sous Rome et le Caton du « Il faut détruire Carthage » le considérait comme un principe incontournable.

Vous connaissez mes analogies sportives, et je vous rappellerais que pour faire partie du comité directeur de la fédération française de judo il convient d'être ceinture noire.

L'expérience de nos institutions, le travail effectué au sein des différentes commissions et organismes, l’implication ancienne et non soudaine permettent d’envisager de confier les rênes de notre profession à un bâtonnier pour les deux prochaines années.

Ceci élimine d'ores et déjà plusieurs postulants dont certains sont cependant fort sympathiques, mais avons-nous besoin de cela à la tête de notre ordre ?

Il nous faut quelqu'un qui connait tous les sujets actuels et futurs que devront régler les avocats parisiens, ne serait-ce que parce qu'il a siégé ou qu'il a créé un syndicat, une association, ou une entité dédiée à la profession.

Il nous faut une équipe qui a réfléchi aux différents problèmes qui mieux encore a publié des ouvrages et des articles de référence.

Il nous faut des gens loyaux, dignes, humains, en somme un duo qui incarne nos principes essentiels contrairement à d'autres.

Il nous faut la compétence de ceux qui travaillent inlassablement pour vous, pour nous, pour que les avocats restent une grande profession des acteurs majeurs de la vie économique, sociale et civile de notre pays.

Il nous faut des gens qui le font depuis plusieurs années et non qui ont cru recevoir le feu sacré hier ou avant-hier. Il nous faut enfin un groupe de personnes qui n'est pas marqué par la fraude originelle et qui propose à tous nos confrères des programmes réalistes, efficaces qui pourront être mis en œuvre.

Vous l'aurez compris, cela réduit drastiquement le choix et trois équipes uniquement peuvent prétendre remplir toutes ces conditions.

Une seule néanmoins les incarne toutes et c'est pourquoi il faut voter pour David Gordon et Hubert Fichy.

Je les soutiens depuis maintenant près de dix-huit mois, depuis qu'ils ont annoncé leur candidature.

J’ai vu leur détermination et leur énergie qui n’ont jamais faiblis jusqu’à aujourd’hui. Je les connais personnellement chacun, séparément d'abord puis aujourd'hui dans la symbiose efficace et compétente qu’ils forment dans duo qui dirigera notre ordre.

Vous connaissez leurs idées sinon aller voir le site « Nous Avocats ».

Ce que je voulais vous dire aujourd'hui c'est que mon Choix c'est Eux.

Néanmoins, et parce que nous ne sommes pas dans une élection politique ou politicienne mais bien dans une élection professionnelle, il faut féliciter le travail accompli par ceux qui, sérieusement, ont présenté leur candidature, conjointement.

Ce sont des confrères de qualité, suivis et épaulés par d'autres qui ne le sont pas moins. Qu'ils soient assurés de mon empathie lorsque les résultats seront proclamés mardi soir car comme vous le savez, il n'y aura qu'un vainqueur.

Seulement, pour l’heure : « Il faut voter David Gordon-Krief et Hubert Flichy. »

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1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 08:17

« Qu'est-ce qui t'a pris bordel de casser la cabane… Des regrets, tu réponds négatif, mieux encore tu ricanes… »

La nostalgie camarade, oui déjà la nostalgie.

Celle d’un bâtonnat qui n'aura pas été à son terme, d’une équipe qui n'aura travaillé ensemble qu’une douzaine de mois sur les 24 promis, et enfin la nostalgie d'un gâchis annoncé dans quelques semaines à l'issue des résultats.

Je m'étais fixé 12 travaux en entreprenant de commenter comme je vous l'avais indiqué les 12 principes essentiels de la profession.

Je vais cependant m'arrêter là, et pas simplement parce que le prochain est : Humanité.

Sur ce point précis, il me serait particulièrement difficile de critiquer le vice bâtonnier en titre dont la carrière et les actions ne peuvent être sérieusement remises en cause, et c'est bien là le problème : mais qu’est ce qui t'a pris bordel

J'aurais bien aimé, néanmoins vous entretenir de ceux qui suivaient à savoir Honneur, Loyauté, Désintéressement, Confraternité, Délicatesse, Modération et Courtoisie, mais je crains que si je ne le faisais, à la fin, c'est moi qui les bafoueraient, peut être…

Sur la Loyauté néanmoins, il ne me semble pas très acceptable de critiquer ouvertement, officiellement et publiquement, un membre du conseil de l'ordre qu'on a envoyé au casse-pipe il y a maintenant plus d'un an sur le sujet particulièrement épineux de la pépinière.

Il convient d'avoir du respect, de la loyauté, et surtout une certaine mémoire pour celle à qui on a demandé de nettoyer ce que l'on a présenté alors, comme étant les écuries d'Augias.

Si vous êtes curieux, vous trouverez sur mon site un article que je n'avais pas souhaité publier l'année dernière, en juin 2014, et qui soulevait déjà le problème de la pépinière.

Il est peu courtois et délicat de prétendre aujourd'hui ignorer ce sujet alors qu'il a été décidé de l'éradiquer, de longue date.

Proclamer maintenant que cette pépinière, revue et réformée, sera maintenu dans les lieux, avec un prétendu nouveau bail consenti par la CNBF dont on a fait voter à une séance du conseil de l'ordre la suspension du versement des cotisations, est purement et simplement schizophrénique.

Nous voilà, mes chers confrères, à moins de un mois des élections et même si la démocratie ne brille pas toujours par la mémoire de ses électeurs, gageons cependant que quelques principes, essentiels bien sûr, prévaudront avant de glisser le bulletin… Dans l'urne électronique…

Avant d'en finir, je dois vous avouer très franchement qu'une question me taraude depuis le début de cette affaire.

Pourquoi, celui à qui tous prévoyaient un succès flamboyant dans deux ans, soutenu par tous les cabinets d'affaires, la grande majorité de nos confrères, et le bilan des actions entreprises non pas pendant 12 mois mais biens pendant 24 mois, a pris le risque de se lancer contre tous les usages et au mépris de quelques règles élémentaires, dès à présent ?

Ce possible candidat, je l'aurai alors, sûrement, soutenu moi-même, alors pourquoi ?

En y réfléchissant, il me semble qu'il n'y a qu'une seule raison : le calendrier du CNB.

Comme vous n'êtes pas sans le savoir, cet organisme de représentation nationale, élit tous les trois ans un président, en alternance, de province ou de Paris.

Pour pouvoir prétendre à cette fonction, il est nécessaire d'avoir le rang d'ancien bâtonnier.

La prochaine élection d'un président parisien, sera en 2018 soit…

À la fin du mandat du prochain bâtonnier de Paris…

Attendre la prochaine possibilité, en 2024, ne semblait donc pas acceptable.

Ce ne serait que cela, en définitive, un jeu à deux ou trois bandes !

Quel dommage, quel gâchis une fois encore, car au moins ce que tout juriste a appris, c'est que la fraude corrompt tout.

« Il faut détruire Carthage… »

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Notes et Anecdotes

     
"Lorsqu'un juge adopte une solution, c'est bien souvent que la décision inverse lui paraît impossible à rédiger, pas davantage..." François SUREAU: "Le Chemin des Morts"

 

D'un salarié licencié: "Maitre j'ai bien envie de leur mettre un coup de fusil dans les rotules, croyez vous que cela pourra m'handicaper au Prud'hommes..."
"Non, Monsieur, je ne le crois pas, j'en suis sûr."   
   
Citation d'Emile Pollak : Personnellement, je n'ai jamais perdu de procès, mes clients parfois... peut être...

 

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